C’est l’histoire
d'une jeune fille du nom de Fatoumata qui a souffert au plus profond de son cœur.
Son propre père couchait avec elle tous les soirs. Et le plus grave dans cette
histoire, c'est que sa propre mère était au courant des actes ignobles du papa.
Quinze ans durant Fatima a vécu l’enfer familial avant de s’enfuir. L’histoire
est racontée par la victime sans un
dossier consacré aux « secrets de famille Vérité fatale »
« J’ai souffert et
je souffre encore. Mon père est une personne très autoritaire et nous avions
très peur de lui, y compris ma mère. Il n’hésitait pas à nous crier dessus ou
même à nous battre pour un petit rien, je suis l’ainée de ma famille. J’ai une
petite sœur et un petit frère. Je n’ai jamais su au fond qui était
véritablement mon père car il était très mystérieux. C’est à peine qu’il
communiquait avec nous, et il rentrait très tard à la maison. C’est un haut
fonctionnaire et on vit dans un quartier huppé de Conakry, à l’abri du besoin.
J’étais inscrite avec mon frère dans une grande école de la place. Ma mère est
une femme respectable et très respectée dans le quartier.
A part ma mère,
personne dans ma famille n’est au courant de ce que j’ai vu. La première fois
qu’il a couché avec moi, c’était un samedi soir. J’avais quinze ans. Il avait
passé la journée à la maison avec des invités. Naturellement je faisais le
service avec ma mère. La nuit, je dormais à poings fermés dans ma chambre à
l’étage. La porte s’était ouverte. Quand je me suis retournée, il était debout
près du lit. J’étais paralysée de peur. Sa présence m’a intriguée car je ne
savais la raison de sa présence en pleine nuit dans ma chambre. Il m’avait
intimé l’ordre de ne pas faire de bruits sinon je serais l’objet de sérieuses
représailles. (Fatima devient inconsolable.
(On arrête
l’interview le temps qu’elle reprenne ses esprits).
Il m’a ainsi violée. Puis, le calvaire a duré cinq ans. Ma mère ne savait pas au début et je n’ai jamais pensé lui parler. De toutes les façons j’ai vu qu’elle souffrait beaucoup et ce que j’ai vécu n’aurait fait que l’achever. Une fois elle nous a surpris et elle n’a pas réagi. Je lui en voulais terriblement pour son attitude. Je suis tombé enceinte en Aout 2010. Quand ma mère a su pour mon état, elle m’a fait avorter. Une distance s’est creusée entre nous et c’est à peine qu’elle me parlait ou me regardait. J’ai abandonné l’école en classe de seconde. Beaucoup de mes camarades ont pensé que j’avais quitté le pays. Je me suis confiée sous couvert de l’anonymat à une émission dans l’une des radio privée de la place . Après les solutions que j’ai pu recueillir, j’ai trouvé qu’il était mieux pour moi de m‘éloigner.
« Aujourd’hui je suis inquiète pour ma petite sœur de treize ans »
C’est comme ça que je me suis enfuie de la maison quatre mois après mon avortement. J’étais au début chez une copine qui vivait seule, par la suite j’ai contacté ma mère qui a loué un studio pour moi. J’ai suivi un traitement avant de reprendre mes études. Je vois régulièrement ma mère, mon frère et sœur. Je me rends à la maison quand mon père est au travail ou en voyage. Jamais je ne pourrais les pardonner. Mon père a laissé une blessure encore béante dans mon existence. Aujourd’hui, j’apprends à oublier le passé même si c’est difficile. Je suis tout aussi inquiète pour ma petite sœur de treize ans que je voulais avoir sous mon toit plutôt que de la laisser à la maison. Je pense toujours au pire pour elle avec mon père à la maison…. » (Nous somme obliges de mettre fin à l’entretien parce que les pleurs de Fatima devenaient insoutenables)…
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